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Irlande du 15 mai au 29 mai 2002

Article publié le jeudi 16 février 2006.


Irlande du 15 mai au 29 mai 2002

Au sujet de la longueur des travaux en cours paraissant inutiles “on préfère se répéter tous les ans, le cœur empli d’indulgence amoureuse pour une île qu’on a connue moins industrieuse qu’à présent, qu’il s’agit là de quelque chose d’irlandais, sous-entendu de bricolé et à usage indéterminé, un Mécano sans utilité sinon celle d’avoir procuré du plaisir à le monter, et volontairement mal exécuté de façon à lui épargné une ennuyeuse pérennité. ” Hervé Jaouen. La cocaïne des tourbières.

Mercredi 15 mai. Lever, 6h30. Le temps est couvert, mais il n’y a pas de vent. A minuit, les routiers ont été plutôt bruyants, mais enfin... 7h50, nous allons sur le parking de la Stena Line. Le départ devait se faire à 10h00, mais il est avancé et nous embarquons à 9h45. 12h05, nous sommes sous le soleil de Belfast. M2 sans problème direction Antrim, puis Maa, A6, arrêt à Magherafelt au Dunes Stores. Et à 14h00, avec la faim (nous n’avions pas prévu un casse-crôute à bord !), nous sommes au CCS vert du comté de Tyrone “ Drum Manor Forest Park ” 11,50£ (- 1£ parce qu’elle était écossaise !). Une petite étape ! de 85km. Mais nous n’avons pas l’intention de rester en Ulster, notre objectif est au plus tôt le Donegal, avec Rossbeig tant qu’à faire.

Jeudi 16 mai. 10h17, toutes corvées faites, et après ma petite balade dans le camping installé dans une agréable forêt, nous prenons la direction d’Omagh A505. Nous laissons le soleil derrière nous. Un hélicoptère passe et repasse au-dessus de nous. Un peu plus loin, nous sommes arrêtés par une patrouille, 2 soldats en treillis de camouflage sont postés de chaque côté de la route, agenouillés, armes au poing, un troisième, lui aussi armé, sort d’un champ, et un quatrième est près du véhicule accompagnant un policier. Ce dernier en uniforme avec vraiment l’allure d’un SS, s’informe de notre identité sans beaucoup de ménagement, puis enfin nous libère. Et dire que je croyais que c’était fini les hostilités ici. Cela nous conforte pour nous diriger vite fait pour Strabane. 11h26, arrêt midi. 12h46, nous sommes en Eire. Lifford N14, puis Letterkenny. Nous retrouvons le soleil, mais au rond-point habituel nous loupons la R245, des travaux étant en cours. Puis après Rathmelton, c’est une pancarte que le vent avait tournée dans le mauvais sens et enfin 14h00, arrêt à Ray, je vais chercher une poignée de bigornes et quelques moules, le goût des fruits de mer nous manquait. 14h30, nous voilà à Rathmullan à notre poste habituel, il fait chaud 24°dehors. Pas besoin de télé, l’animation de la plage est vraiment extra, nous retrouvons nos irlandaises à la démarche altière et conquérante. Un automobiliste, nous offre avec largesse un petit atlas d’Irlande qui date, je vous le donne en mille, de 1994, il devait espéré avoir un verre de vin, mais nous n’avions pas fait le plein ! Les bigornes étaient bien, mais les moules minables. A 15h00, je suis partie mettre mes pieds dans l’eau, il faisait si beau, aux premiers abords le froid de la mer était assez surprenant, mais après, quel délice ! J’ai même pu garder mon short jusqu’à 18h00. On se sent revivre quand même.

Vendredi 17 mai. Objectif Rossbeig. Lever, 7h00. Il pleut et il vente, un peu plus tard le soleil revient. 18° dehors. Pendant la préparation de notre déjeuner, l’employé municipal vient faire la tournée des poubelles avec son tracteur, il les vide à l’aide de ses mains gantées dans un sac poubelle qu’il dépose dans son tracteur, puis il va ensuite dans le grand hangar qui autrefois abritait une petite usine de fabrication de farines animales où il déverse toutes ces ordures à même le sol ! 9h10, R249 direction Kilmacrenan, N56 Dunfanaghy, R255 Dunlewy, et là c’est la catastrophe ! Moi qui venait de vanter à Gil cette superbe route, dans le Glenveagh National Park - dixit Le Routard : " au cœur de ce parc naturel de près de 10000 hectares de caillasse, de lande et de marais, le choc d’un immense parc boisé peuplé d’une horde de cerfs avec, en toile de fond, les montagnes quasi-désertiques de Derryveagh ". La route donc est en pleins travaux, et chez les irlandais il faut toujours s’attendre au pire, toute la longueur comme la largeur de la voie est complètement bouleversée, Gil doit conduire au milieu de la caillasse et de la boue, un vrai chantier et ils n’ont même pas eu la correction d’indiquer une déviation ! 10h49, nous sommes au Super Value de Dunglow, et à 11h39, enfin une picnic area à Gweebara. Impeccable en bord de route au bout du pont. 13h00, nous sommes à Rossbeig. En arrivant depuis la route, nous voyons qu’un camping-car est déjà installé sur le port, mais nous avons l’intention d’y aller malgré tout, d’autant plus qu’en passant le long de la plage, notre place habituelle en bord de dune est occupée par une remorque et un bateau. Nous arrivons donc sur le port, et là, un camping-car immatriculé 29. La porte du camping-car s’ouvre, et... Ce sont les lesneviens, ceux-là même avec qui nous avions fait connaissance jour pour jour, à ce même endroit. Noël n’en revenait pas, il clamait la nouvelle à quiconque se trouvait là. Dédé téléphone, il pleut à torrents en France, et ici nous n’avons rien à lui envier, mais nous allons faire un petite tour à la crevette, Gil qui s’en faisait une joie, se retrouve handicapé dans la vase. Etait-ce bien raisonnable d’avoir continué notre périple. Nous invitons nos amis dans la soirée à prendre l’apéro, et il nous convie au repas du soir pour manger les pinces de dormeurs qu’ils venaient d’acheter le matin même.

Samedi 18 mai. Sur place, lever, 7h00. La pluie et le vent cessent. Très belle journée avec un soleil magnifique. Pêche à la crevette, mais marée de 51, je n’ai pas pu aller dans le fameux trou, et demain elle descend encore moins.

Dimanche 19 mai. Sur place. Lever, 7h20. Brrr ! Le vent souffle depuis cette nuit et le ciel est gris, les moutons ne sont pas seulement dans les champs aux alentours, et même ils sautent de drôles de barrières au fond de la baie. En fin de matinée le soleil timidement éclaire de temps en temps le ciel. 11h00 les lesneviens s’en vont. Ce n’est qu’à 20h00 que le vent se calme, la baie s’assagit peu à peu. Nous décidons de retourner à Letterkenny pour passer au garage, car le gonflage de la suspension devient vraiment trop pénible. 21h00, il fait bon, je descends sur la plage pour me dégourdir les jambes et vérifier si ce n’est pas un pare-batte qui traîne.

Lundi 20 mai. Dès 8h00 ce matin, la pluie et le vent redoublent. Je réalise que c’est le lundi de la Pentecôte. 8h45, en route, après un arrêt dans une station essence où je me renseigne de l’endroit où se trouve le garage Renault. Pas de problème, le commerçant m’indique par un croquis où nous devons aller. Nous y arrivons à 10h25, hélas, ils ne peuvent nous prendre que mercredi à 9h00 (on lift). 11h15, nous repartons pour Port na Blagh (31km entre les deux endroits). Il fait un vent affreux, le camping-car bouge vraiment beaucoup, nous allons essayer le Private Estuary, où le mouillage laisse vraiment à désirer ! Intenable ! Finalement nous nous retrouvons à Pier Gull à la picnic area de Wood Quarter, nous nous retrouvons à l’abri du vent, on l’entend, mais il ne nous bouscule pas.

Mardi 21 mai. Mulroy Bay est très calme. Je vais essayer de donner un petit coup d’haveneau, mais que dalle ! Je me renseigne auprès des ouvriers mytiliculteurs pour la « low tide », mais vraisemblablement il ne leur est pas nécessaire de la connaître. Du côté du fond du parking, il n’est pas possible de suivre le rivage, par contre vers l’entrée, j’ai le plaisir de suivre un petit sentier côtier très agréable, le temps est ensoleillé, avec le passage de beaucoup de nuages, et il faut guetter le moment propice pour faire des photos. Au retour, je profite de copier le texte du panneau touristique à l’entrée. “Aquaculture is not only source of employement in the area. Tourism also plays an important part in the local economy. (unveiled by Mr Hugh Byrne TD, Minister of State, Department of Marine and Natural Ressources ; June 12th.2000)". Ainsi que la légende de Mulroy Bay : "As Colmcille approached Bunlin Bridge he saw some men fishing. The men had only caught two salmon and they grudge a gift to Colmiclle. So the men decided to hide the fish. As Colmiclle arrived with the men he asked had they caught any fish. The men replied at they hadn’t caught any fish. Colmiclle knew that the men were lying, so he said “if you didn’t catch any fish, may you catch now and if you did catch, may you never catch again”. From that day to now there has been very few trout or salmon in Mulroy Bay. While fish are plentifuf in the Waters of Lough Swilly to the east of Mulroy Bay and Sheephaven bay to the west, they are exceedingly scarce in Mulroy. If Colmiclle were to return to Mulroy today I think he’d be pleasantly surprised at the number of Salmon he’d see even if they are of the farmed variety !"

Mercredi 22 mai. Lever à 6h00, et départ à 7h41. La température s’est radoucie, le vent s’est calmé. Milfort-Letterkenny 19km. Nous sommes au garage à 8h20, il est fermé, et nous voyons le personnel arriver tour à tour, très cool... Enfin 10h27, nous rentrons le camping-car. D’après eux, il n’y a pas de problème, à part le longeron qui se fend de plus en plus. Gil profite de faire regonfler la suspension et de faire la vidange. Nous en sommes quittes pour 79 euros. Nous reprenons la route pour Dunglow. Nous nous arrêtons à Fintown, où nous trouvons une picnic area au-dessus d’un lough. Nous découvrons que maintenant, dans les supermarchés, il faut payer 30 centimes le sac en plastique ordinaire, 1 euro le “longtime”. A Dunglow, nous allons au TC habituel (13 euros + 2 pour l’électricité).

Jeudi 23 mai. nous apprécions la douche, et à 10h10, nous sommes sur la route. 11h56, nous sommes à St John’s Point. Ouf ! Le soleil, la baie est même calme ici. St John’s est égal à lui-même. Nous nous installons de l’autre côté de la barrière, à notre place habituelle. Le troupeau, cette année, des taurillons, une trentaine, descendent de la colline, cool. Nous passons une heure pendant le repas à les observer, quel plaisir. Ils sont sur la plage, et se dirigent vers la petite falaise, tous nous tournant le dos. J’ai essayé d’en prendre deux qui se battaient rageusement en photo, mais hélas, je n’ai pas été assez rapide. Avec le beau temps, nous voilà requinqués, surtout après la N56 Ardara/Dunkinelly horrible, à côté d’elle la scenic road de St Jonh’s était un délice.

Vendredi 24 mai. Sur place. Ce n’est pas encore le beau temps, le soleil essaie de s’imposer. Il pleut sur Donegal et Sligo. Puis le temps s’aggrave, le vent, la pluie, avec une toute relative accalmie à 11h30 à marée basse, le temps d’aller tâter de la crevette. L’après-midi, nous subissons encore le mauvais temps. Le soir au coucher, je me suis retrouvée prise d’une peur que je n’arrivais pas à maîtriser, tellement le « Chausson » bougeait sous les coups de butoir du vent. Et ce foutu vent n’a pas arrêté une seconde de toute la nuit, j’avais l’impression que nous allions rouler sur la grève. Et à 4h30, je n’en pouvais plus, je me suis levée et habillée, puis j’ai été m’asseoir devant, dans la cabine, là j’ai vu la baie calme, pas une brise à la surface de l’eau, et le vent continuait à chahuter le camping-car. J’ai attendu plus calmement que Gil se réveille. À 5h30, nous avons décidé de quitter les lieux dès le déjeuner pris. Une heure plus tard, nous sommes en direction de Donegal, nous avons une pensée pour les lesneviens qui sont en mer. 7h47, nous sommes au niveau de Rossnowlovagh, 8h28, Raghly. 8h46, sortis de Sligo. N4, N17. 8h53, Galway.11h49- 13h21, étape repas à Straught Beach. Puis direction Liscannor, à 14h07, après Fanore un bus et une caravane se sont télescopés, et nous sommes retenus une bonne vingtaine de minutes. 15h00, Liscannor, de suite accueillis par notre ami le pêcheur, sur ses conseils nous allons en face, le quai a été agrandi, la barre de hauteur est enlevée. 173555km. 339km quand même dans la journée.

Samedi 25 mai. Sur place. Récupération.

Dimanche 26 mai. Sur place. Je vais à la pêche à la crevette, Gil souffre toujours de son genou. Nous sommes installés près du bureau de celui qui vend des promenades pêche en mer. Il passe la plus grande partie de son temps debout les bras croisés, et comme Gil me le fait remarquer, heureusement, il a sa bedaine pour les soutenir ! Journée pas désagréable. Des 22 avec un fourgon aménagé viennent s’installer près de nous.

Lundi 27 mai. Sur le terre-plein du haut, des 63 ont également passé la nuit avec une petite caravane. En revenant de mes courses, j’entame la conversation avec le propriétaire de la caravane. Et nous arrivons à parler de notre connaissance plus ou moins grande de l’Irlande, ils viennent d’arriver et sont là pour une quinzaine de jours, je lui propose de lui indiquer les coins où ils pourront aller sans encombres. Sa femme vient jusqu’au « Chausson », et elle est enchantée d’avoir des idées, ils sont de Clermont-Ferrand, Jean-Marie, son mari qui travaille à Michelin, ne parle que cartes Michelin, mais je pense que s’ils se plaisent, madame n’hésitera pas à acheter des Ordnances Surveys. Depuis, quand nous parlons de Michelin, nous disons Jean-Marie. Par contre, les Lannionais d’à côté, ce n’est pas la joie. Ils ont des français en voiture de location qui viennent manger à midi, nous observons leurs préparatifs, et ensuite nous devons subir les libations de ces affreux jojos, surtout le propriétaire du fourgon, pour le soir, il était bien chargé, et il est venu nous inviter à boire, et au bout de trois refus, Gil lui a répondu si vertement, que nous avons pu rester tranquilles. Mais pas très fiers de l’image qu’ils ont donné des bretons.

Mardi 28 mai. 8h53, après le plein d’eau, nous quittons Liscannor, les lannionnais sont toujours à dormir. 10h03, arrêt au Supervalue de Kilrush, et 11h00, nous sommes au port de Doonbeg. Le quai a été rallongé, et j’ai le plaisir de pouvoir y aller avec le « Chausson ». Toujours la pluie et le vent. Nous commençons à en avoir ras-le-bol, et moi je trouve que Gil souffrant toujours, il serait préférable que nous rentrions. Deux phoques s’ébattent dans la baie. Le grand Charlie est là, les bateaux sont au sec. Au cottage rose pas de signes de vie. Même pas moyen d’aller à la crevette.

Mercredi 29 mai. Dans la nuit, j’ai réfléchi, il était possible de mettre le « Chausson » de telle façon au-dessus de la grève entre le quai et le slipway que cela faciliterai grandement Gil pour le gonflage. J’en profite pour apprendre comme il faut faire. 9h13, nous prenons la route. Nous avons décidé de retourner en Grande-Bretagne. 12h13, nous sommes à Limerick, sur le parking à Bunratti et nous déboulons, façon de parler vers Rosslare. 15h00 Waterford, passage au Tesco, j’ai le drapeau pour Franck à acheter, le thé pour notre provision d’hiver et des épices. 17h00, Rosslare - 159 euros pour Pembroke Docks Irish Ferries. 173929km. Nous allons sur le parking du checkpoint pour passer la nuit, car il n’y a plus moyen d’aller sur le parking de la gare maritime, il y a des barres maintenant.


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